Votre appartement au Chinaillon reste vide dix mois par an. Les charges tombent, la taxe foncière aussi, et vous commencez à vous demander si cet héritage familial n’est pas devenu un boulet financier. Soyons clairs : vous n’êtes pas seul. Sur les dizaines de propriétaires que j’accompagne chaque année entre Grand-Bornand et La Clusaz, la majorité sous-exploite leur bien faute de stratégie adaptée au marché local.
Information importante
Ce contenu est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en gestion de patrimoine. Consultez un conseiller financier ou expert-comptable pour toute décision patrimoniale.
L’essentiel pour valoriser votre bien aux Aravis en 30 secondes
- La tarification dynamique génère 15 à 25% de revenus supplémentaires vs prix fixes
- Taux d’occupation moyen en vacances d’hiver : 83% (86% Alpes du Nord)
- Gestion déléguée : comptez 15 à 20% des revenus locatifs
- Seuil de rentabilité délégation : environ 10-12 semaines de location par an
Ce qui fait vraiment la différence entre un bien qui rapporte et un bien qui dort

Je vais vous dire un truc qui fâche. Le jacuzzi sur la terrasse, la déco Pinterest, les skis haut de gamme dans l’entrée — tout ça, c’est du bonus. Pas le cœur du sujet. Dans mon accompagnement de propriétaires sur le massif des Aravis, les biens qui cartonnent partagent trois caractéristiques simples : une annonce avec de vraies photos, des prix ajustés à la demande, et des avis clients au-dessus de 4,5 étoiles.
3 idées reçues qui plombent la rentabilité des chalets
Idée reçue n°1 : Il faut investir 10 000€ en travaux pour bien louer
Réalité : Un shooting photo professionnel à 300€ et une refonte de votre annonce génèrent souvent plus de réservations qu’une cuisine refaite à neuf.
Idée reçue n°2 : Plus on équipe, plus on loue cher
Réalité : Les locataires paient d’abord la localisation (pied des pistes, navette gratuite) et la capacité. Le lave-vaisselle compte moins que la vue sur la Tournette.
Idée reçue n°3 : En été, personne ne vient aux Aravis
Réalité : Faux, mais la demande est différente. Randonneurs, vététistes, familles en quête de fraîcheur — ils cherchent des biens avec terrasse et proximité sentiers, pas forcément ski-room.
L’erreur que je vois revenir systématiquement ? La tarification identique toute l’année. Sur les biens que j’analyse, les propriétaires qui n’adaptent pas leurs prix aux pics de demande passent à côté de 15 à 25% de revenus supplémentaires. Ce constat est limité à mon périmètre d’intervention Aravis et varie selon le standing du bien.
La stratégie tarifaire : le levier que 80% des propriétaires ignorent
D’après l’Observatoire National des Stations de Montagne, le taux d’occupation moyen en vacances d’hiver atteint 83% — et grimpe à 86% pour les Alpes du Nord. Autrement dit, la demande existe. Le problème, c’est que la plupart des propriétaires facturent 800€ la semaine en février comme en novembre.

Franchement, je ne vais pas vous mentir : le yield management, ça sonne compliqué. En pratique, c’est du bon sens. Vous multipliez vos tarifs par 1,5 à 2 pendant les vacances scolaires de février (zones A, B, C décalées), vous maintenez un prix correct à Noël, et vous baissez de 30 à 40% en intersaison pour capter les télétravailleurs et retraités actifs.
| Période | Demande | Multiplicateur tarifaire | Durée minimum |
|---|---|---|---|
| Vacances février (zones A/B/C) | Très forte | ×1,8 à ×2,2 | Samedi-samedi |
| Noël – Nouvel An | Forte | ×1,5 à ×1,8 | 7 nuits minimum |
| Janvier hors vacances | Modérée | ×1,0 (base) | 5 nuits |
| Été (juillet-août) | Moyenne | ×0,7 à ×0,9 | 3 nuits |
| Intersaison (oct-nov, avril-mai) | Faible | ×0,5 à ×0,6 | 2 nuits |
Ces fourchettes sont indicatives — elles varient selon que vous êtes pied des pistes aux Confins ou à 10 minutes en navette. Ce qui compte, c’est de sortir du tarif unique. En discutant avec les propriétaires de la vallée, je constate que ceux qui appliquent ce principe simple doublent souvent leur nombre de semaines louées, tout en préservant leurs créneaux personnels.
Conseil terrain : Surveillez les dates exactes des vacances scolaires zone A (Lyon, Grenoble). C’est votre bassin de clientèle principal aux Aravis. Calez vos prix maximum 48h avant l’ouverture des réservations.
Pour aller plus loin sur la maximisation de votre rendement immobilier, la logique reste identique : comprendre les flux de demande avant de fixer les prix.
Gérer seul ou déléguer : le vrai calcul à faire

Là, je vais être direct. Si vous habitez à Lyon ou Annecy et que vous louez 6 à 8 semaines par an, gérer seul reste tenable. Au-delà de 10-12 semaines, les allers-retours pour les remises de clés, le ménage de fin de séjour et la gestion des imprévus deviennent un second travail non rémunéré.
J’ai accompagné Catherine, cadre bancaire à Lyon, propriétaire d’un 3 pièces au Chinaillon hérité de ses parents. Son bien était loué 6 semaines par an via le bouche-à-oreille — elle passait ses week-ends à gérer les clés. Après refonte de l’annonce et stratégie tarifaire adaptée, on est passé à 18 semaines de location. Elle refuse encore les séjours courts par attachement au bien familial, et c’est légitime. La dimension émotionnelle du patrimoine freine parfois l’optimisation maximale.
Gérer seul ou déléguer : trouvez votre réponse en 3 questions
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Vous habitez à moins d’1h30 du bien ET vous louez moins de 10 semaines/an :
La gestion autonome reste rentable. Investissez dans une boîte à clés sécurisée et des check-in/check-out flexibles.
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Vous êtes éloigné OU vous visez plus de 12 semaines de location :
La cogestion (15% TTC) devient pertinente : vous gardez la main sur les réservations, un prestataire local gère l’opérationnel.
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Vous voulez zéro charge mentale ET maximiser le remplissage :
La gestion complète (20% TTC) libère votre temps. Le gestionnaire optimise tarifs, diffusion multi-plateformes et avis clients.
Côté plateformes, selon les données ParisBnB décembre 2025, les frais Airbnb représentent environ 17% par réservation (3% hôte + 14% voyageur en modèle partagé). Booking se situe entre 15 et 18%. Ces commissions s’ajoutent aux frais de gestion si vous déléguez — d’où l’importance de calculer votre seuil de rentabilité réel.
Pour les propriétaires du massif des Aravis cherchant un accompagnement local, des structures comme laconciergeriedesaravis.fr proposent cette flexibilité entre cogestion et gestion complète.
Vos questions sur la valorisation d’un bien dans les Aravis
Quel rendement espérer pour un appartement à La Clusaz ou au Grand-Bornand ?
D’après le guide LMNP.ai 2025, la rentabilité brute en location saisonnière montagne peut atteindre 8 à 10%. En pratique aux Aravis, comptez plutôt 5 à 7% net après charges et vacance locative. C’est supérieur à une location longue durée classique, mais demande une gestion active.
Le classement meublé de tourisme vaut-il le coup fiscalement ?
Selon impots.gouv.fr, un meublé de tourisme classé bénéficie d’un abattement de 50% jusqu’à 77 700€ de recettes (régime micro-BIC 2025). Sans classement, l’abattement tombe à 30% avec un plafond de 15 000€. La démarche de classement prend quelques semaines — consultez votre expert-comptable pour évaluer le gain réel selon votre situation.
Faut-il être présent sur plusieurs plateformes ?
Oui, mais avec méthode. Être présent sur Airbnb, Booking et Abritel élargit votre bassin de locataires. Le risque : les doubles réservations si vous ne synchronisez pas vos calendriers. Un channel manager (logiciel de synchronisation) ou un gestionnaire local évite ce cauchemar.
L’été fonctionne-t-il vraiment aux Aravis ?
Moins que l’hiver, clairement. Les Aravis ne rivalisent pas avec Chamonix ou Megève sur la notoriété estivale. Mais la demande existe : randonneurs, familles en quête de fraîcheur, vététistes du Plateau des Glières. Baissez vos tarifs de 30-40%, acceptez les courts séjours, et vous remplirez quelques semaines supplémentaires.
Comment savoir si mes tarifs sont cohérents avec le marché local ?
Technique simple : recherchez des biens comparables (même capacité, même secteur, équipements proches) sur Airbnb et notez leurs prix semaine par semaine. Si vous êtes 20% au-dessus sans justification (vue exceptionnelle, pied des pistes), vous perdez des réservations. Si vous êtes 20% en-dessous, vous laissez de l’argent sur la table.
Pour approfondir les critères de choix d’une agence immobilière adaptée à vos besoins, le même raisonnement s’applique : privilégiez un partenaire qui connaît les spécificités du marché montagne.
Votre plan d’action immédiat
Les 4 étapes pour commencer cette semaine
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Analysez 5 annonces concurrentes sur votre secteur (même surface, même standing)
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Identifiez vos 3 pics tarifaires : vacances février, Noël, ponts de mai
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Calculez votre seuil : à partir de combien de semaines la délégation devient-elle rentable pour vous ?
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Contactez un photographe local pour un shooting — c’est le meilleur investissement à moins de 500€
Précisions sur les projections de rendement
- Les rendements mentionnés sont des moyennes constatées et dépendent de nombreux facteurs (emplacement exact, standing, saisonnalité)
- Les règles fiscales peuvent évoluer : vérifiez les textes en vigueur au moment de votre déclaration
- Chaque situation patrimoniale nécessite une analyse personnalisée par un expert-comptable spécialisé LMNP ou conseiller en gestion de patrimoine
La vraie question à vous poser maintenant : combien de semaines voulez-vous réellement louer, et combien de temps êtes-vous prêt à y consacrer ? La réponse conditionne tout le reste.
